Faut-il reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle ?

Qu’appelle-t-on « Burn Out »?

Littéralement, « burn-out » signifie « se consumer »

Le Burn Out est un état d’épuisement physique, mental et psychique dû à un environnement professionnel stressant. C’est un processus qui progresse de manière lente.

Les machines que nous utilisons s’usent et tombent en panne, on leur remplace des pièces, ou on les remplace par des modèles plus efficaces… Mais l’Homme au travail est une mécanique plus sensible et plus complexe…

Dans quelles circonstances peut il apparaître?

Les femmes et les hommes sont satisfaits quand ils trouvent dans leur travail une occasion de réalisation personnelle, obtiennent des marques de reconnaissance du travail accompli, y trouvent un sens, ont des responsabilités, ont des possibilités d’avancement.

Lorsque ces composantes se dégradent, ils peuvent être tentés de les retrouver par un surengagement. Le Burn out peut se préparer pendant des semaines, des mois et même dans de rares cas, des années, sans que la personne ne le reconnaisse.

L’état de la personne se dégrade lentement : épuisement physique, envahissement émotif, douleurs somatiques, troubles du sommeil, nuisance de la vie sociale, désespoir… jusqu’ à vivre parfois un moment de rupture violent, une crise aiguë qui laisse des traces difficiles à effacer.
 Alors que la dépression peut s’apparenter à une spirale descendante, le burn-out est une spirale ascendante d’hyperactivité.

Le risque de burn out est amplifié lorsque des agents motivés, investis et généreux se trouvent confrontés aux réductions des effectifs, à l'inefficacité de l'environnement de travail, à la perte de sens des missions et à la dévalorisation des compétences .

La personne victime de burn out perd confiance en elle en s ‘auto-imputant une supposée baisse d’efficacité et finit par souvent détester la fonction qu’elle remplit et ses conditions de travail.
 Elle tend petit à petit vers la résignation, parfois la honte et l’isolement.

La connaissance de cette problématique, qui toucherait en France 10% des travailleurs, fait des progrès. Mais le sujet est complexe et fait bien entendu l’objet de controverses, notamment pour sa reconnaissance en tant que maladie professionnelle «Il faut pouvoir distinguer un sur-engagement lié à l’individu et un sur-engagement causé par une organisation de travail».

Le tableau des maladies professionnelles

Tant que le Burn Out ou « épuisement professionnel » n’est pas inscrit au tableau des maladies professionnelles, il doit donc pour être reconnu comme telle suivre une procédure particulière et avoir provoqué soit un décès soit une invalidité permanente supérieure à 25%.

Nous tenions après vous en avoir très brièvement exposé le contexte, à signaler à ceux qui sont intéressés l’existence d’une pétition pour la reconnaissance du burn out en tant que maladie professionnelle.

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7 réflexions sur «  Faut-il reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle ? »

  1. Etant confronté à des désordres neurologiques qui se sont révélés être liés au stress et à l’anxiété en lien étroit avec ma situation professionnelle de chef de service de l’environnement en DDT et d’une mobilité géographique contrainte au titre de la RGPP , je suis disposé à témoigner de mon expérience et à la partager avec d’autres collègues . J’ai effectivement été amené à constater que le burn-out n’était pas classé au titre des maladies professionnelles. J’attends la réponse du SRH au titre d’une reconnaissance au titre d’un accident de service.

      1. Merci de votre commentaire, d’une concision exemplaire. On en vient toutefois à regretter que cette recherche du laconisme à tout prix vous ait amené à quelque peu fragiliser un argumentaire qui in fine, s’avère modérément étayé.

  2. Merci de votre témoignage qui d’un concept nous fait passer à la réalité telle que nous pouvons la vivre.

    Il apporte la preuve, mais nous n’en doutions pas, que cette problématique du burn-out, amplifiée par le contexte actuel, touche plus souvent et plus gravement qu’on le suppose habituellement.
    Nous sommes aussi confortés dans l’intérêt de signaler cette opportunité de signer une pétition pour tenter de peser sur le débat public.

    Nous espérons que d’autres personnes pourront répondre à votre invitation à partager les expériences.

    Nous rappelons qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier pour participer au débat.

    Déborah Infante-Lavergne
    Secrétariat de l’Alliance du Trèfle

  3. L’anecdote suivante ferait sans doute bien rire si elle était racontée par Coluche ou Raymond Devos. Pas de chance, elle est on ne peut plus réelle. A elle seule, elle n’est pas bien méchante, mais additionnée à tout le reste, elle prépare activement le terrain du burn-out.
    Nous vivons une époque où il faut être réactif à l’imprévu…mais s’engager fermement sur le long terme. Exemple: on nous demande de réfléchir à nos congés d’été dès janvier, de les saisir dans un tableau commun à tout le service dès février, et de les poser dans BODET dès que l’on est sûr des dates. Admettons.
    Le système d’agrégation en ligne du suivi d’activité (SALSA) permettant de saisir les congés par anticipation, on pourrait trouver logique de saisir les sus-nommés congés dans cette belle application aussitôt qu’ils sont validés dans BODET. Ce serait pratique, ça éviterait d’oublier, n’est-ce pas?
    Que nenni.
    Dans SALSA, si vous vous avisez, le 15 juillet, de saisir deux semaines de vacances début août, le système, imperturbable, vous répond très exactement et en rouge: « la date de fin doit rester dans la limite de 4 semaines après le lundi qui suit la date du jour. Veuillez modifier votre saisie. »
    Vous voulez savoir quel dysfonctionnement grave le concepteur de l’application a voulu prévenir en fixant cette contrainte de saisie? Moi aussi.
    Remarquez également l’humour glacé et sophistiqué de SALSA, qui ne vous engage pas à revenir plus tard, non, mais à modifier votre saisie. Comme si vous pouviez changer si facilement vos dates de vacances, qui ont peut-être fait l’objet d’âpres négociations et de plusieurs validations (sans parler de la réservation du camping-car).
    Ca s’appelle se faire remballer proprement.
    On ne citera jamais assez Danièle Linhart: « le management s’acharne, sans y parvenir, à importer au sein des entreprises privées le sens de l’engagement et la loyauté des agents du service public, alors que celui-ci subit une attaque en règle de ces mêmes valeurs sous les coups de boutoir de la logique gestionnaire.  »
    Et on serait surpris que les agents frôlent le burn-out?

    1. Merci de ce commentaire édifiant… et de sa conclusion. Ces désagréments absurdes affectent à l’évidence la perception du sens du travail et participent à l’épuisement par effet cumulatif . Mais il le font de façon collective, et même s’ils le favorisent, le burn out demeure une pathologie individuelle.
      C’est pourquoi nous avons préféré bien scinder les deux problématiques :
      – en dénonçant d’un côté l’impact des outils de gestion qui nous concerne presque tous
      – en signalant par ailleurs dans cet article l’existence de cette pétition concernant le burn-out.

      L’Alliance du Trèfle

      1. Il faut sans doute distinguer les deux en effet; cependant, l’incident que j’ai décrit ne se présentera qu’à l’agent qui aura voulu bien faire, dans les temps, voire le plus tôt possible (partant du principe que ce qui est fait n’est plus à faire). Celui qui saisit tout au dernier moment, ou même qui attend le rappel pour le faire, ne saura jamais que cette contrainte existe.
        Le message subliminal est: « ne soyez pas trop prévoyant, ça vous retombe sur le nez. »
        Il y a aussi la sensibilité individuelle qui joue beaucoup: certains sont ébranlés par ce genre de contraintes qui leur donnent l’impression qu’en comparaison, la qualité de leur travail n’est pas comptabilisée; pour d’autres en revanche, cela glisse sur eux comme l’eau sur les plumes d’un canard.
        A quantité de travail égale, ce sont les premiers qui ont le plus de chance d’être submergés par le burn-out.

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